Et ça continue !

Publié le par Miliki

Dès fois je me demande comment je serai quand je serai en salle de naissance sur le point d’accoucher, à mon avis je serai une vraie doudouille !! (Dire qu'avant mes études je ne voulais surtout pas accoucher avec une péridurale !! Pour le coup j’ai changé d’avis, sauf si ça va trop vite, j’aimerai bien mais bon !!)

En ce moment je me rends compte que certaines patientes passent vraiment à côté du pire, c’est même complètement terrifiant de se dire que OUI on peut mourir d’un accouchement ! Quand on voit les taux de mortalité maternelle dans les autres pays, on se dit qu’en France la grossesse est quand même bien encadrée !

Quand je parle de mortalité maternelle je parle en fait d’un taux, celui-ci est en fait le nombre de décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, dans certains pays d’Afrique du Sud  ce taux est parfois supérieur à 1000 décès pour 100 000 naissances alors qu’en France il est inférieur à 10 ! Heureusement me direz vous, nous avons accès à de nouvelles et nombreuses technologies, des prises en charge tout de même rigoureuses et malgré tout cela certaines femmes passent entre les mailles du filet … J’ai d’ailleurs été de garde le jour ou une patiente est décédée suite à une césarienne, même si je ne l’avais qu’aperçue de loin, ce sont des choses qu’on oublie pas … Surtout quand on entend les cris de la sœur dans le parking alors que l’on se doit de rester concentrée parce qu’on tout un service à gérer à côté …. Quelle ambiance ce jour là, enfin cela fait déjà un moment …

Et puis dès fois on s’occupe de patientes qui frôlent aussi de près la mort, des hémorragies cataclysmiques, des pathologies qui altèrent complètement les fonctions vitales de certains patientes, dès fois on a aucune idée de l’origine de ces pathologies, dès fois une vagues idée et parfois on, trouve des raisons … Souvent on parle de l’enfant né mort, ou des séquelles post accouchement pour l’enfant mais les mères aussi subissent et vivent des choses qui a posteriori m’impressionnent toujours, c’est fou ce que l’être humain est capable d’endurer parfois, et là je me met à la place de cette dame qui a failli mourir, perdre son enfant aussi et voilà que ce tout petit être se retrouve dans un service de réanimation, et elle aussi, elle se remet lentement, elle essaye de faire son maximum pour être là pour son enfant, et ce papa qui ne sait pas où se mettre entre la frayeur d’avoir perdu la femme de sa vie et cet enfant qui survit …

Je ne sais pas dès fois, ça me fait peur, en tant que femme, comment ça sera ? Heureusement que la plupart des accouchements se passent bien, d’ailleurs quand j’étais en salle j’ai eu presque que des accouchements normaux qui se sont très bien passé … Peut être que le fait que je travail dans un grand centre fait que je vois plus de pathologie (et encore je ne suis pas passé dans le service de Grossesses pathologiques !) Enfin bref voilà en tant que soignant je sais comment il faut gérer telle ou telle pathologie, mais comment ça se passe en tant que patiente ?

Cet article était plus une interrogation sur moi-même que vraiment une description de ce que je vis au quotidien au travail, mais quelque part je pense qu’on se pose tous et toutes ces questions !


Sur ce je rentre de ma garde de nuit, il est temps que je dorme ;)
A bientôt et  bon courage aux étudiants sages-femmes en exam !



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Femme enceinte dans l'eau by Lypos

Publié dans Le Métier

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Laurine 03/09/2011 15:15



Bonjour, Cet Année Je Passe En 3eme Deja et J'ai Toujour Rever De Faire Sage-femme je Me Renseigne De plus en plus mais je ne trouve rien je voudrais simplement Savoir Que Faut-til Faire Pour
Faire Ce Metier Quel Etudes Faux t-il Aller Au Lycée Dabbord Qu'avais vous fais pour faire ce Metier Merci De Me Repondre :)



kamagra 23/04/2011 13:09



as for my friends they prefer to born babies at home.



eosine.over-blog.com 22/08/2010 15:52



Ouais bof...
Y'a pas que la médicalisation qui explique la différence de mortalité périnatale, l'hygiène et la santé des mères ne sont pas non plus les mêmes.


Les mères ne se remettent pas, elles font avec.


J'ai été traumatisée non pas par la douleur mais par la solitude et le manque d'accompagnement...Vraiment ressenti le manque d'une présence féminine bienveillante, la SF n'étant ni présente, ni
bienveillante.


Faut pas oublier l'accompagnement , certes c'est plus sympa de prendre le café que d'accompagner une femme en travail. Y'a que le médical toujours, dans vos bouches, c'est usant.


Moi la médicalisation de fin de grossesse m'a ruiné la fin de grossesse, l'accouchement et le périnée, les premiers jours de vie de mon enfant. Et loin de le sauver, un examen réalisé peu après a
failli nous l'enlever.


Enfin c'est normal, rencontrant les couples une fois dans leur vie vous n'en avez rien à foutre...


 



BREUILLARD 14/06/2010 09:06



Bonjour à toutes,


Ma démarche est une demande de conseils. En effet j'ai 46 ans et je souhaiterai faire des études pour devenir SF. Est ce réalisable par rapport à mon âge ?  Je ne suis pas du tout dans le
métier, j'ai un bac littéraire mais je ne veux pas passer à côté de mon rêve..


Je vous remercie de m'aider


Corinne



Mayolin 28/05/2010 03:47



Bonjour,


Je suis sage-femme au Québec et nous nous spécialisons dans la physiologie. J'ai accouché chez moi de mon fils après avoir eu une césarienne à ma fille 3 ans plus tôt (présentation de siège).
J'avais fait mon mémoire de fin d'études sur la rupture utérine alors c'était ce qu'on appelle un choix informé. Mon bébé a fait une aspiration méconiale et a été stabilisé par les sages-femmes,
puis transporté à l'hôpital où il a passé 5 jours aux soins intensifs et 12 aux soins intermédiaires (rien à voir avec l'AVAC et aucun signe qui auraient permis de déceler, RCF impeccable et LA
clair). Il a maintenant 2 ans, il court, il chante, il fait des phrases, il est propre, etc. J'accoucherai à nouveau à la maison la prochaine fois si tout se présente bien.


C'est sûr qu'en étant dans le métier on est plus au fait de ce qui pourrait arriver. J'ai transféré une femme à 32 semaines de grossesse pour un HELLP (césarienne d'urgence, maman et bébé s'en
sont bien sortis) et tutti quanti. Il faut savoir dépister, tenter de conserver la physiologie et quand ce n'est plus possible transférer les soins à temps. Mais en gros les expériences sont
très positives et toutes les sages-femmes que je connais ici veulent et croient pouvoir accoucher naturellement. Notre pratique est très majoritairement hors centre hospitalier.


J'avoue toutefois que malgré toute la confiance que j'avais, si j'avais été à l'hôpital au début du travail, j'aurais demandé la péridurale, si ce n'est pas la césarienne (chose possible en
Amérique du Nord quand on a eu une césarienne dans le passé - j'ai fait un stage de trois mois en France et je sais que ce n'est pas tout à fait aussi facile). J'étais à zéro cm de dilatation et
j'avais des contractions qui duraient 1 minutes chaque 3-4 minutes. La sage-femme a finalement joué avec mon col et l'a ouvert à 3 cm manuellement et 2 heures plus tard j'étais à 9, je n'y ai
plus repensé à la péridurale, mais je l'aurais certainement prise si elle avait été disponible et je suis tellement contente de ne pas y avoir eu recours en bout de ligne. Tout cela pour dire,
que je ne pense pas que c'est une question d'être chochotte ou pas, mais plutôt d'avoir confiance, d'être convaincue et de choisir l'environnement qui a le plus de chance de favoriser la bulle,
le soutien, le mouvement, l'usage de bains, lumières tamisées, peu de stimulation du néocortex, etc. Et quand tout cela est respecté, souvent quand ce n'est plus du tout possible, c'est que la
naissance est proche.


Sur une autre note, aie confiance au périnée des femmes. Au Québec, les femmes peuvent pousser une fois bébé bien engagé jusqu'à 3 heures pour un premier bébé et ce même dans les hôpitaux de
niveau III. Si le RCF est bon, c'est que bébé peut le tolérer et une déchirure est tellement moins douloureuse qu'une épisiotomie pour la guérison. Je n'ai jamais fait d'épisiotomie au Québec
(j'en ai fait une au cours de mon stage en France) et j'en ai vu faire une lorsque j'assistais une collègue pour un RCF vraiment anormal (avec tentative infructueuse de ventouse). Bébé est
finalement né sur la civière qui devait transporter sa mère à l'hôpital, il criait à pleins poumons et nous avons pu garder et la mère et le bébé à la maison de naissance.


Bon c'est un peu pêle-mêle tout ça, mais je suis ton parcours depuis un moment et je sais que tu dois travailler très fort avec pas mal de pression et je suis bien contente que tu aimes ce que tu
fais, car ça doit paraître dans ton attitude et ta relation avec les femmes et les hommes qui les accompagnent.


Mayolin